Entrepreneuriat

Quel salaire espérer lorsqu’on est entrepreneur ?

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L’argent, dans le milieu de l’entrepreneuriat, est encore tabou. Difficile d’oser affirmer qu’on ne vit pas de son activité alors qu’on ne vient pas de se lancer. De plus difficile de savoir quand il sera possible de se rémunérer et quel salaire espérer lorsqu’on est entrepreneur.  Je vous donne quelques pistes et essaye de répondre à cette question ô combien complexe.

Le cas de l’autoentreprise

Le statut d’autoentrepreneur est un statut de plus en plus populaire. Il y aurait aujourd’hui plus d’un million d’autoentreprise en France. Si ce statut séduit autant, c’est que créer une autoentreprise est d’une simplicité enfantine. Quelques clics sur internet et vous voilà prêt à devenir chef(fe)d’entreprise.

Cependant, s’il est très simple de créer son entreprise, il s’avère plus complexe d’en vivre. Ainsi, le revenu trimestriel moyen d’un autoentrepreneur s’élève à 3664€ selon une étude ACOSS-URSSAF.

Si le revenu moyen est parfois à prendre avec des pincettes du fait des données extrêmes, le fait que le chiffre d’affaires maximum autorisé soit limité en autoentreprise fait qu’aucun autoentrepreneur ne peut se verser trimestriellement des revenus très conséquents. La moyenne reflète donc ici plutôt bien la réalité de la plupart des autoentrepreneurs.

Comment espérer se verser un salaire confortable en auto- entreprise ?

Les activités exercées par les autoentrepreneurs demandent la plupart peu d’investissements de départ. Ce ne sont donc pas ces investissements qui leur empêchent de se verser un salaire.

Le principal souci que rencontrent les autoentrepreneurs est que leur activité est souvent très concurrentielle avec une valeur ajoutée souvent assez faible.

Afin de tirer son épingle du jeu, il faut donc exercer une activité assez peu concurrentielle et à forte valeur ajoutée. Un développeur maîtrisant plusieurs langages aura plus de facilité à trouver une mission qu’un Community manager sans expérience par exemple.

Le cas de la SAS et de la SARL

Le choix de la SAS et de la SARL résulte souvent d’investissements de départ importants. Ces investissements de départ importants nécessitent la plupart de temps de recourir à un prêt, prêt qu’il faut par la suite rembourser et qui constitue une somme en moins permettant de se rémunérer. 

A cela s’ajoute la difficulté de gagner en visibilité et donc de générer du chiffre d’affaires. Si vous lancez une marque de chaussures, vous n’allez, au démarrage, vendre que très peu de pièces. Comme vos coûts de développement seront assez élevées, vous devez attendre de vendre un certain volume avant de pouvoir commencer à vous rémunérer.

Enfin, les cotisations sociales importantes empêchent souvent de se verser un salaire correct en tant qu’entrepreneur. Pouvant atteindre près de 70% en SAS, elles minimisent d’autant le salaire qu’il est possible de se verser.

Quel statut pour maximiser son salaire lorsqu’on est entrepreneur ?

Selon le type de statut adopté, la rémunération qu’il sera possible de se verser varie.

Ainsi, en SAS, les cotisations sociales importantes sont un frein lorsqu’on souhaite se verser un salaire régulier. Afin de maximiser ses revenus, il est recommandé en SAS d’effectuer un arbitrage entre salaire et dividendes. Les dividendes se sont soumises qu’à une flat tax de 30%.

En SARL, les cotisations sociales sont plus faibles mais se verser des dividendes s’avèrent beaucoup moins avantageux. En effet, si les dividendes versés sont supérieurs à 10% du capital social, ils sont alors imposés comme des avantages en nature.  

Les allocations chômage agissent elles comme un leurre ?

Il est de plus en plus fréquent de débuter son aventure entrepreneuriale en ayant la chance de percevoir des allocations chômage, parfois jusqu’à deux ans.

Si ces allocations permettent de pouvoir débuter son aventure sereinement, elles font parfois oublier le fait qu’il est important de tout mettre en œuvre afin de vivre de son activité le plus rapidement possible.

Deux années passent très vite et deux nombreux entrepreneurs n’arrivent toujours pas à se rémunérer au bout de deux ans d’activité et sont donc dans l’obligation de mettre fin à leur aventure entrepreneuriale.

Vous devez donc essayer d’agir comme si vous ne bénéficiez pas d’allocation chômage et que vous deviez vivre le plus rapidement possible de votre activité.

Quand arrêter sa boite ?

Lorsqu’on est entrepreneur ne peut pas se verser de salaire, difficile de savoir quand il faut ou non abandonner son entreprise.

Si vous percevez des allocations chômage et que vous êtes loin de pouvoir vous verser la rémunération dont vous avez besoin, il est préférable de chercher un complément de revenus et pourquoi pas, de mettre en pause votre activité.

Si vos charges sont si importantes, que les volumes nécessaires pour vivre décemment de votre activité sont très éloignés ce que vous vendez actuellement, vous devez là aussi vous questionner sur l’intérêt ou non de poursuivre l’aventure.

De même si vous êtes autoentrepreneur, et que malgré les faibles cotisations sociales que vous versez, vous n’arrivez pas à vous verser une rémunération supérieure au salaire minimum après plus d’un an d’acticité, vous devez aussi vous interroger sur le fait ou non de continuer l’aventure.

Exercer une activité en parallèle de son entreprise ?

Il devient parfois obligatoire de retrouver une activité en parallèle de son métier de cheffe d’entreprise. Cela peut être une activité de freelance ou un travail salarié à temps partiel.

Le fait d’exercer une activité en parallèle de son entreprise permet de se reconstituer une petite trésorerie mais aussi de prendre du recul sur son activité. En effet, lorsqu’on a le nez dans le guidon, il est parfois difficile de faire les bons choix. Ne plus travailler pour son entreprise à plein temps permet de prendre du recul et de réfléchir à sa stratégie.

Dans quelles activités se lancer afin de pouvoir se verser un salaire rapidement lorsqu’on est entrepreneur ?

Toutes les activités ne sont pas égales en termes de potentiel de rémunération. Afin de maximiser les chances de vous verser un salaire rapidement si vous êtes entrepreneur privilégiez :

  • Les activités peu concurrentielles : plus vous avez de concurrents et plus il vous sera long et couteux d’émerger et donc de pouvoir vous rémunérer.
  • Les activités à forte valeur ajoutée : Plus votre activité présente une valeur ajoutée importante et plus vous serez susceptibles de fixer des prix élevés. Ceci est valable que ce soit pour la vente de services ou pour la vente de produits physiques. 
  • Les activités ne nécessitant pas de lourds investissements : De lourds investissements nécessitent souvent de recourir à un prêt. La trésorerie utilisée pour rembourser ces prêts s’avère être de la trésorerie en moins pouvant être utilisé pour vous rémunérer.
  • Les activités avec un marché local : Un marché localisé signifie souvent des couts de communication assez faible.

En effet, lancer une box au niveau national est très couteux en marketing puisqu’il n’est pas possible de s’adresser directement à chaque potentiel client. Vous devez donc passer par des campagnes de publicité sur les réseaux sociaux ou faire appel à un attaché de presse afin d’augmenter votre visibilité.

Lorsque le marché est local, les choses sont différentes puisqu’il est possible de toucher les clients directement. Dans une petite ville, distribuer des flyers fonctionne encore très bien puisque les gens sont peu sollicités. De plus, il est possible que vous connaissiez déjà certaine personne dans la commune qui parleront de votre entreprise à d’autres personnes.

  • Les activités avec récurrence du chiffre d’affaires : Si vous vendez des matelas, vous devrez sans cesse trouver de nouveaux clients puisqu’une personne n’achète en général un matelas que tous les dix ans. Vos coûts d’acquisition seront donc importants. A l’inverse, si vous vendez des déodorants et que votre produit séduit les clients, vous aurez un certain nombre de clients réguliers qui alimenteront votre chiffre d’affaires sans que vous n’ayez (presque) plus rien à faire. Il est donc beaucoup plus facile de vivre d’un business où l’achat est récurrent que d’un business où l’achat est très sporadique.

En résumé, quel salaire espérer lorsqu’on est entrepreneur ?

Si vivre de son activité s’avère parfois compliqué, cela n’en reste pas moins possible. De nombreux entrepreneurs arrivent à se verser un salaire confortable chaque mois au moins égal à ce qu’ils seraient susceptibles de percevoir en étant salarié.

Cependant les situations sont très variables selon le type d’activité et selon la façon dont l’entreprise est gérée. Il est fréquent de voir deux entrepreneurs s’étant lancés dans des secteurs très similaires et presque en même temps, ne pas pouvoir se rémunérer de la même façon au bout de quelques années.

Il est, dans la majorité des cas, plus facile de vivre d’une activité de freelance où la demande est forte que d’une activité e-commerce par exemple. Prenez en compte cet élément si le fait de manquer de ressources vous inquiète. De même, il est dans la majorité des cas plus facile de vivre d’une activité dont le marché est local.

Ps : Nous faisons ici un abus de langage en appelant « salaire » l’ensemble des rémunération du chef d’entreprise. En effet dans le cas de l’autoentreprise ou de la SARL, le terme salaire n’est pas stricto sensu le bon. Cependant, l’utilisation de ce terme permet de rendre les choses plus faciles à comprendre.

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